Serait-ce le retour des beaux jours ? Plus de deux ans après le début de la crise du Covid-19 et son cortège de difficultés pour les entreprises les plus fragiles, la situation semble enfin se rétablir. Mais l’inflation guette…

On fait le point dans cet article.

Une situation financière globalement favorable

La trésorerie des entreprises s’est nettement améliorée dans la plupart des secteurs d’activité : on observe ainsi, depuis quelques mois, un retour vers des niveaux pré-crise. Le Conseil d’analyse économique (CAE), un centre de recherche rattaché à Matignon, évoque dans une étude récente une situation financière “globalement favorable” pour les entreprises.

Un constat général qui masque toutefois une grande hétérogénéité de situations. Il faut ainsi distinguer la santé financière des entreprises cotées qui disposent d’« un niveau de cash exceptionnel » (selon Maxime Lemerle, responsable des études défaillances chez Allianz Trade) dû en partie aux profits engendrés après la pandémie, et la santé financière des petites et moyennes entreprises, beaucoup plus fragile. On trouve dans le même temps plus d’entreprises en situation « faible » et plus d’entreprises en situation « bonne » ou « très bonne ». Les secteurs de la construction et de l’information et de la communication se distinguent avec une augmentation bien plus forte de la part des entreprises en situation très difficile par rapport à la situation d’avant-crise.

Pour obtenir une indication globale de la solvabilité des entreprises, on peut se fier à l’encours net bancaire qui montre une nette amélioration par rapport à l’avant-crise, avec de fortes hétérogénéités entre secteurs. Cela est notamment dû aux aides versées par l’Etat, dont le PGE.

Toujours selon le Conseil d’analyse économique, 36 % des entreprises ont contracté un PGE depuis la crise. Parmi celles-ci, 41 % ont commencé le remboursement (11 % ont totalement remboursé leur prêt), et 45 % n’ont pas encore commencé.

Dans un contexte économique tendu

Avec des niveaux records dans certaines régions, l’inflation malmène l’ensemble des économies de la planète. Ainsi, le 11 octobre dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a publié des prévisions peu optimistes : alors qu’elle atteignait 6% en 2021, la croissance mondiale ne devrait être que de 3,2% en 2022, et de 2,7% en 2023. Le conflit en Ukraine, qui a débuté en février dernier, augmente par ailleurs la dynamique inflationniste. Depuis le début de la guerre, les prix de l’énergie, des engrais et des céréales ont augmenté de 20% à 30%.

Dans le même temps, la hausse des taux d’intérêt, passés de 1% environ en début d’année à environ 2% pour les PME, pourrait poser un risque pour la dette des entreprises. En effet, une augmentation (même légère) des mensualités de prêt peut être problématique lorsqu’elle s’ajoute à la crise de l’énergie et à la flambée du prix des matières premières et de l’inflation.  

Des délais de paiement qui retrouvent leurs niveaux d’avant-crise

Certains indicateurs sont au vert, comme le retour des délais de paiement entre entreprises européennes à une situation d’avant-crise. Pour rappel, un retard de paiement est constaté dès que le délai prévu pour le paiement de la facture est dépassé. Ce délai est de 30 jours après livraison des marchandises ou exécution de la prestation, sauf exceptions.

Selon le cabinet Altares, alors que ces délais de paiement étaient en augmentation depuis l’été 2020 (jusqu’à atteindre 14,5 jours au 4ème trimestre 2020, au plus fort de la pandémie), le retard moyen a nettement diminué pour atteindre 13 jours. Soit un seuil qui n’avait plus été atteint depuis le 1er trimestre 2018. En France, le délai moyen de paiement s’élève à 11,6 jours.

Par ailleurs, presque une entreprise européenne sur deux (soit 48,4%) paie aujourd’hui ses fournisseurs en temps et en heure. Une bonne nouvelle qui s’explique par la bonne santé retrouvée des entreprises, mais aussi par les efforts de celles-ci pour préserver leurs relations avec leurs fournisseurs.

L’impact de l’inflation sur les liquidités des entreprises

Ce tableau globalement positif reste plombé par l’inflation, qui s’est établie à 10% en Europe au mois de septembre 2022. Si les plus grosses entreprises en pâtissent logiquement moins, les structures de moyenne à petite taille en subissent durement les effets. Ainsi, le besoin de fonds de roulement des entreprises (c’est-à-dire le décalage de trésorerie entre les dépenses et les recettes) a augmenté de plus de 10 jours pour atteindre 64 jours en Europe, et 53 jours en France. On constate par ailleurs un durcissement de l’accès au crédit, comparable à ce qui est observé pour les ménages.

Toutes ces embellies représentent donc une bonne nouvelle, mais elles restent à nuancer en fonction des secteurs et de la taille des entreprises. D’autant que l’évolution de l’inflation et des taux d’intérêt sur le long terme représente, à ce jour, une grande inconnue.

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