Créances douteuses
Mercredi 16 décembre 2020, la Commission européenne tient une conférence de presse au siège de l’UE. Dans le contexte actuel de crise, les défaillances d’entreprises constituent un risque majeur : Bruxelles les anticipe pour limiter les impacts sur les bilans bancaires. Quelle stratégie envisagée pour lutter contre les créances douteuses ? Le point à date.

NPL : le ratio augmente de 0,2 points en 1 an

Au dernier trimestre 2020, les faillites d’entreprise affichaient un recul de près d’un tiers. Une bonne nouvelle, mais en apparence seulement… Des tribunaux de commerce à l’arrêt pendant le confinement, des dispositifs spécifiques de soutien aux entreprises en difficulté du fait de la Covid-19 : autant d’éléments qui ne font que retarder l’échéance. Car pendant ce temps, les créances douteuses continuent de s’accumuler et ce sont les banques qui en subissent les risques.

En décembre 2019, le ratio des prêts non performants, pour l’ensemble de l’UE, était établi à 2,6 %. Deux trimestres de crise sanitaire ont ensuite suffi à chuter de 0,2 points : le ratio passe à 2,8 % à la fin du 2ème trimestre 2020.

L’urgence à préserver le système bancaire

Les créances douteuses pèsent sur le bilan des banques. En conséquence, leur capacité à distribuer des crédits diminue. Or les banques doivent absolument continuer à soutenir les ménages, ainsi que les entreprises : la reprise économique est en jeu. C’est dans ce contexte que la Commission européenne dessine les contours d’une stratégie visant à permettre aux banques de se défaire des prêts non performants (NPL).

4 mesures envisagées par Bruxelles

1.Développer encore les marchés secondaires pour les actifs douteux : il s’agit de faciliter aux banques la revente de leurs prêts non performants à des acteurs spécialistes du recouvrement. En éliminant ainsi les créances douteuses de leur bilan, les banques maintiennent leur capacité à octroyer de nouveaux prêts à destination des ménages… et des entreprises, pivots de la relance économique. A cet effet, la création d’un réseau renforcé de structures de défaisance – les « banques poubelles » – à l’échelle européenne est à l’étude.

2. Créer une plateforme centrale de données électroniques : le problème des prêts non performants doit être traité rapidement et efficacement. En centralisant les données sur une plateforme unique, la transparence du marché est renforcée, l’information circule mieux, l’accès est facilité et les enjeux liés aux NPL adressés dans des délais moindres.

3. Soutenir au niveau de l’UE la création de sociétés nationales de gestion de portefeuille (SGP) : à titre préventif, mais aussi pour accompagner les banques dans le traitement optimal de leurs créances douteuses identifiées, ces SGP conseillent les banques pour éliminer les NPL des bilans bancaires dans les meilleures conditions.

4. Réformer la législation sur l’insolvabilité et le recouvrement des créances des entreprises : il s’agit là, dans la mesure du possible, d’unifier les règles en place dans les différents pays de l’UE. En faisant converger les cadres réglementaires, la politique globale de lutte contre les NPL est mieux efficace.

Une vague de défaillances d’entreprises est attendue avec crainte pour le printemps 2021. Une projection inquiétante puisque les banques risquent de voir augmenter considérablement leur volume de prêts non performants. La stratégie développée par la Commission européenne vise un objectif : les banques doivent se défaire de leurs créances douteuses, pour présenter un bilan leur permettant de prêter aux entreprises qui assureront la reprise rapide et durable de l’économie en Europe.

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