En 2020, la Commission européenne affirmait la nécessité de développer un véritable marché secondaire des « non performing loans ». 2022 : alors que les dispositifs d’atténuation de la crise sont progressivement mis à l’arrêt, les risques de crédit augmentent. Comment les banques réagissent-elles ? Le point sur le marché secondaire des NPLs en France.

Fin 2021, le stock total de créances douteuses avoisine les 116 milliards d’euros

Au stock pré-crise des créances douteuses s’accumulant au bilan des banques s’apprêtent à s’ajouter les NPLs nés de la pandémie. La fin des dispositifs d’aide publics est imminente, et les emprunteurs les plus fragiles risquent de ne pas s’en relever. Dans ce contexte, la question se pose pour les banques : comment se délester des créances non performantes ?

La plupart des établissements se refusent à utiliser leurs coussins de fonds propres, majoritairement pour ne pas impacter leur niveau de fiabilité eu égard aux investisseurs. Dès lors, il s’agit de se tourner vers le marché secondaire des NPLs.

L’externalisation de plus en plus considérée

La potentielle recrudescence des créances bancaires douteuses, et le coût en hausse de conservation des NPLs, imposent aux banques de considérer plus avant les solutions de gestion externe de leur stock, en cession ou en délégation. Selon les experts, la démarche doit être envisagée en plusieurs étapes :

  • Les banques doivent se responsabiliser face à leur stock de créances douteuses, et se structurer au point de dédier une fonction en interne. Une équipe qui identifie et évalue le risque en continu, pour mettre en œuvre une stratégie efficace de gestion des NPLs.
  • Les spécialistes du recouvrement, de leur côté, doivent adapter leur organisation au volume potentiel des nouveaux flux. Il s’agit de négocier avec les banques des partenariats long terme, afin de gérer les transactions en continu.

Les acteurs du rachat et du recouvrement des créances contentieuses se mobilisent, et proposent une étude analytique en 2 phases, accompagnés par des experts au moment de résoudre la délicate question du prix de la cession ou de la délégation.

La délégation encore privilégiée à la cession

Les spécialistes de rachat et de recouvrement de créances constatent que l’option délégation garde pour le moment la faveur des banques : les établissements confient la gestion du recouvrement de leurs créances douteuses à des tiers, sans pour autant les céder. Alors que dans d’autres pays européens, le marché secondaire des NPLs est très dynamique : la part des cessions est notamment significative en Italie, au Portugal ou encore en Espagne. Comment expliquer cet écart ?

  • – Si le stock de NPLs en France est important, les banques affichent en parallèle un volume de prêts sains élevé. Comme le ratio de NPLs est de fait relativement faible, les établissements n’en font pas une priorité, d’autant moins que leurs fonds propres sont particulièrement solides.
  • – La question du prix réfrène les banques au moment d’envisager la cession de leurs créances douteuses. En tant que vendeur, l’établissement est disposé à céder ses NPLs à un prix encore supérieur au prix proposé par les acheteurs du marché.

Face à ce constat, le marché secondaire des NPLs est incité à réagir. Il s’agit de considérer le sujet de manière conforme : non, les banques ne priorisent pas encore la gestion de leurs créances douteuses et n’ont pas pour objectif majeur de s’en débarrasser ; les acteurs du marché secondaire ne peuvent donc pas s’attendre à des décotes importantes… D’autant plus que ces acteurs se multiplient, et que les banques en profitent pour estimer leurs cessions au prix fort. Dans le contexte, les acheteurs envisagent de renforcer leur capacité d’achat.

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